Par leur langage plastique, certains artistes rejettent la tradition tout en confrontant
leurs productions visuelles à l’esthétique contemporaine européenne et nord-américaine. D’autres assimilent des pratiques d'installation occidentales en appuyant leurs démarches
sur une enquête préalable revalorisant les différences ethniques et minoritaires constitutives de leur identité.

D’autres encore élargissent les frontières iconographiques traditionnelles de la gravure
ou les usages décoratifs des techniques de la laque. L’expression des mutations subjectives qui accompagnent l’actuel changement social est également une problématique par laquelle plusieurs autres artistes se sentent concernés.

Mieux informés des enjeux et des pratiques artistiques occidentaux, certains artistes expérimentent même la performance et l’installation. D’autres prolongent la tradition calligraphique sur papier de riz et la technique de la laque tout en abandonnant leur vieille fonction esthétisante et leur destination à des lieux de culte (temples, pagodes, autels)
au profit d’un art qui soulève des questions et d’une pratique qui, à sa manière,
participe à ce vaste mouvement social.

D’autres artistes encore vivent le conflit entre les nouveaux besoins individuels et l’habitude collectiviste comme un déchirement favorisant l’émergence d’individualités ou l’expression
de différences jusque-là occultées.

Chacun donne non pas une réponse au discours officiel de transformation, mais une voix
à de nouveaux désirs donnant offrant ainsi un écho visuel de plus en plus personnalisé.